Madagascar

Le secteur des EF et l'économie nationale

Depuis 2001, Madagascar a maintenu un rythme de croissance annuelle moyenne de l'ordre de 4%. Le secteur secondaire enregistre une tendance baissière pour la période 2001-2005, avec une contribution moyenne annuelle de 12% au PIB ; la part du secteur des EF a par contre progressé, tout en restant faible avec un niveau de valeur ajoutée de l'ordre de 1 à 2% environ du PIB contre 10% du reste du secteur industriel et 6% des entreprises d'IDE en 20061. Sur le plan économique, la situation du secteur des EF est caractérisée par les principaux aspects suivants:
  • Les investissements dans le secteur des EF durant les 5 dernières années sont évalués autour de 110 millions de US$. Ces investissements forment à peu près le tiers des investissements réalisés à Madagascar durant les 5 dernières années.
  • La contribution des EF en terme d'exportation est prépondérante, malgré le fait que le secteur ne représente qu'une faible partie de la valeur ajoutée nationale. En effet, la part du secteur des EF dans la valeur des exportations totales est de 56% et la branche « textile et confection » reste prédominante dans les exportations (70% des exportations du secteur des EF en 2006). L'Europe est la première destination des exportations des EF, suivie par les Etats-Unis en nette régression depuis le démantèlement des accords multifibres en janvier 2005.
  • Les importations des EF constituent les ¾ de l'approvisionnement total du secteur des EF ; cette situation se trouve entre autres à l'origine de la faible intégration du secteur des EF dans l'économie nationale, mettant ainsi en évidence sa position marginale dans la création de la valeur ajoutée nationale.
  • Pour la période 2001-2005, le secteur génère toujours un solde commercial excédentaire, avec un taux de couverture atteignant jusqu'à 157%. Depuis 2004, la Chine est devenue le principal fournisseur des EF malgaches, après avoir relégué au second rang la France.
  • Les coûts des facteurs à Madagascar sont généralement élevés comparativement à ceux d'autres pays d'Afrique, de l'Asie et de l'Océan Indien qui se situent à proximité de la Grande Ile et possédant un tissu important de zones franches industrielles. Cependant, une très nette amélioration des coûts des télécommunications (téléphone et Internet) est relevée depuis 2004.
  • En terme d'emploi, le secteur des EF compte 116 000 emplois et la taille moyenne des EF est estimée à 574 salariés en 2006. Le coût horaire de la main-d'oeuvre est évalué à US$ 0,4 et constitue un élément de compétitivité pour Madagascar.
Par rapport au développement du secteur des EF, il est jugé indispensable d'explorer et renforcer plusieurs orientations de politique économique pouvant à la fois stabiliser les fondamentaux économiques et toucher l'amélioration des infrastructures (électricité, eau, ports, télécommunications, etc.) pour assurer une meilleure compétitivité car l'existence du secteur des EF ne devrait pas uniquement dépendre du package d'incitations offertes et du « low wages » mais des structures des facteurs « coûts » et « hors coûts » compétitifs au niveau international capables de créer les conditions de la croissance et de la pérennité d'entreprises efficientes et soucieuses de promouvoir l'emploi décent.